Aller au contenu
electricien.com

Combien de prises par pièce ? Ce que dit la norme NF C 15-100

Trois multiprises en cascade derrière la télé : voilà ce qui arrive quand un logement manque de prises. La norme fixe des minimums par pièce — non pas par excès de zèle, mais parce que la multiprise surchargée est une cause classique d'échauffement. Voici les chiffres, pièce par pièce.

Lecture : 5 min — Mis à jour : juin 2026

L'électricité ne pardonne pas. Avant toute manipulation : coupez le disjoncteur général, vérifiez l'absence de tension, et au moindre doute, arrêtez-vous. Ce guide informe, il ne remplace pas un professionnel. En France, une installation défectueuse est en cause dans environ un quart des incendies domestiques.

Sommaire
  1. Le tableau par pièce
  2. Les circuits spécialisés
  3. Salle de bains : les volumes de sécurité
  4. Dans l'ancien : prioriser quoi
  5. Questions fréquentes

Le tableau par pièce

La NF C 15-100 ne laisse pas le nombre de prises au hasard : elle fixe pour chaque pièce un minimum, calibré sur les usages réels. L'idée est simple : assez de prises fixes pour ne jamais avoir à empiler les multiprises, qui sont la cause la plus banale d'un échauffement.

PièceMinimum de prises
Séjour1 prise par tranche de 4 m² (minimum 5)
Chambre3 minimum
Cuisine6 minimum, dont 4 au-dessus du plan de travail
Autres pièces ≥ 4 m²1 minimum
Couloir / dégagement1 minimum
Extérieur (selon configuration)1 minimum

Ce sont des planchers, pas des plafonds : rien n'interdit d'en prévoir davantage, et c'est même recommandé dans le séjour et la cuisine, où les appareils se multiplient. Mieux vaut une prise de trop, fixe et sûre, qu'une multiprise de plus.

Les circuits spécialisés

Certains appareils tirent trop de courant pour partager une ligne avec d'autres : la norme leur impose un circuit dédié, qui part seul du tableau et n'alimente que lui. C'est ce qui évite qu'un four et un lave-vaisselle, lancés ensemble, ne fassent disjoncter — ou pire, ne chauffent un câble sous-dimensionné.

  • La plaque de cuisson dispose de son propre circuit, dimensionné à sa puissance (renforcé pour une plaque, plus léger pour une cuisinière).
  • Le four est alimenté par une ligne séparée.
  • Le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge ont chacun leur circuit dédié.

Ces lignes ne se partagent pas et ne se rallongent pas en multiprise. Si votre cuisine manque d'un de ces circuits, c'est une création à confier à un professionnel : il faut tirer la ligne depuis le tableau et la protéger au bon calibre.

Salle de bains : les volumes de sécurité

Rappel : La salle de bains est divisée en volumes de sécurité, chacun avec ses règles d'indice de protection et de distance par rapport à l'eau. C'est l'une des pièces les plus exposées au risque électrique : ces installations se font poser par un professionnel, jamais en bricolage.

La salle de bains obéit à des règles à part, parce que l'eau et l'électricité y cohabitent. La norme y découpe l'espace en volumes, mesurés à partir de la baignoire ou de la douche : plus on est près de l'eau, plus les contraintes sont strictes.

Dans les volumes les plus proches du point d'eau, aucune prise n'est admise, et les rares équipements autorisés doivent présenter un indice de protection adapté aux projections. Les prises classiques ne sont permises qu'à distance suffisante, hors des volumes à risque.

S'ajoute une liaison équipotentielle qui relie entre eux les éléments métalliques de la pièce, pour éviter qu'une différence de potentiel ne devienne dangereuse. Tout cela ne s'improvise pas : la pose et la vérification reviennent à un électricien.

Dans l'ancien : prioriser quoi

Un logement ancien atteint rarement les minimums actuels, et remettre toutes les pièces à niveau d'un coup n'est ni obligatoire ni toujours réaliste. L'enjeu n'est pas de cocher chaque ligne de la norme : c'est de traiter d'abord ce qui touche à la sécurité.

La priorité va aux points sensibles : la cuisine, où les gros appareils s'accumulent, et la salle de bains, où le risque est le plus élevé. Une cuisine sans circuits dédiés, alimentée à coups de multiprises, est le premier chantier à envisager.

Vient ensuite la protection générale du tableau — différentiels, calibres — qui prime sur le simple comptage des prises. Un électricien peut hiérarchiser ces travaux après un diagnostic, en distinguant ce qui relève de la sécurité immédiate et ce qui tient du confort.

Questions fréquentes

Combien de prises minimum dans une chambre ?

La NF C 15-100 prévoit un minimum de 3 prises dans une chambre. C'est un plancher : pour une chambre qui sert aussi de bureau, mieux vaut en prévoir davantage dès le départ, afin d'éviter le recours aux multiprises. En rénovation, un électricien peut ajouter des prises sur un circuit existant s'il reste de la marge, ou créer une nouvelle ligne si nécessaire.

Une multiprise compte-t-elle comme une prise ?

Non. La norme raisonne en prises fixes, raccordées à l'installation et protégées au tableau. Une multiprise n'ajoute aucune sécurité : elle répartit le courant d'une seule prise sur plusieurs branchements, ce qui peut justement provoquer une surcharge si l'on y branche des appareils puissants. Quand une multiprise devient permanente, c'est le signe qu'il manque une prise fixe — à faire poser par un professionnel.

Dois-je tout remettre aux minimums dans un logement ancien ?

Pas nécessairement d'un seul coup. La mise aux minimums actuels s'impose surtout lors d'une rénovation d'ampleur ; au quotidien, ce sont la sécurité et les points sensibles qui priment. Mieux vaut traiter d'abord la cuisine, la salle de bains et la protection du tableau, puis compléter le reste progressivement. Un électricien établira l'ordre de priorité après un diagnostic de l'installation.

Le service associé

Installation neuve

Construction ou extension : du schéma au Consuel.

Voir le service

À lire ensuite