Le tableau par pièce
La NF C 15-100 ne laisse pas le nombre de prises au hasard : elle fixe pour chaque pièce un minimum, calibré sur les usages réels. L'idée est simple : assez de prises fixes pour ne jamais avoir à empiler les multiprises, qui sont la cause la plus banale d'un échauffement.
| Pièce | Minimum de prises |
|---|---|
| Séjour | 1 prise par tranche de 4 m² (minimum 5) |
| Chambre | 3 minimum |
| Cuisine | 6 minimum, dont 4 au-dessus du plan de travail |
| Autres pièces ≥ 4 m² | 1 minimum |
| Couloir / dégagement | 1 minimum |
| Extérieur (selon configuration) | 1 minimum |
Ce sont des planchers, pas des plafonds : rien n'interdit d'en prévoir davantage, et c'est même recommandé dans le séjour et la cuisine, où les appareils se multiplient. Mieux vaut une prise de trop, fixe et sûre, qu'une multiprise de plus.
Les circuits spécialisés
Certains appareils tirent trop de courant pour partager une ligne avec d'autres : la norme leur impose un circuit dédié, qui part seul du tableau et n'alimente que lui. C'est ce qui évite qu'un four et un lave-vaisselle, lancés ensemble, ne fassent disjoncter — ou pire, ne chauffent un câble sous-dimensionné.
- La plaque de cuisson dispose de son propre circuit, dimensionné à sa puissance (renforcé pour une plaque, plus léger pour une cuisinière).
- Le four est alimenté par une ligne séparée.
- Le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge ont chacun leur circuit dédié.
Ces lignes ne se partagent pas et ne se rallongent pas en multiprise. Si votre cuisine manque d'un de ces circuits, c'est une création à confier à un professionnel : il faut tirer la ligne depuis le tableau et la protéger au bon calibre.
Salle de bains : les volumes de sécurité
Rappel : La salle de bains est divisée en volumes de sécurité, chacun avec ses règles d'indice de protection et de distance par rapport à l'eau. C'est l'une des pièces les plus exposées au risque électrique : ces installations se font poser par un professionnel, jamais en bricolage.
La salle de bains obéit à des règles à part, parce que l'eau et l'électricité y cohabitent. La norme y découpe l'espace en volumes, mesurés à partir de la baignoire ou de la douche : plus on est près de l'eau, plus les contraintes sont strictes.
Dans les volumes les plus proches du point d'eau, aucune prise n'est admise, et les rares équipements autorisés doivent présenter un indice de protection adapté aux projections. Les prises classiques ne sont permises qu'à distance suffisante, hors des volumes à risque.
S'ajoute une liaison équipotentielle qui relie entre eux les éléments métalliques de la pièce, pour éviter qu'une différence de potentiel ne devienne dangereuse. Tout cela ne s'improvise pas : la pose et la vérification reviennent à un électricien.
Dans l'ancien : prioriser quoi
Un logement ancien atteint rarement les minimums actuels, et remettre toutes les pièces à niveau d'un coup n'est ni obligatoire ni toujours réaliste. L'enjeu n'est pas de cocher chaque ligne de la norme : c'est de traiter d'abord ce qui touche à la sécurité.
La priorité va aux points sensibles : la cuisine, où les gros appareils s'accumulent, et la salle de bains, où le risque est le plus élevé. Une cuisine sans circuits dédiés, alimentée à coups de multiprises, est le premier chantier à envisager.
Vient ensuite la protection générale du tableau — différentiels, calibres — qui prime sur le simple comptage des prises. Un électricien peut hiérarchiser ces travaux après un diagnostic, en distinguant ce qui relève de la sécurité immédiate et ce qui tient du confort.