À quoi elle s'applique
La NF C 15-100 est la norme de référence des installations électriques basse tension en France. Elle ne vise pas tout l'existant tel qu'il est : elle s'impose dans deux cas principaux.
- Le neuf. Toute installation neuve doit respecter la norme dans son intégralité, et le respect en est contrôlé avant la mise sous tension.
- La rénovation lourde. Quand on refait une installation — ou la partie d'une installation — la norme s'applique aux parties effectivement rénovées.
En revanche, un logement ancien dont l'installation fonctionne n'a aucune obligation de se mettre, du jour au lendemain, à la dernière version de la norme. Ce qui le concerne, c'est la mise en sécurité : un socle bien plus restreint, qui vise à supprimer les dangers les plus graves. C'est une distinction essentielle, sur laquelle nous revenons en fin de guide.
Les 12 points essentiels
La norme fait plusieurs centaines de pages. Pour un logement, l'essentiel tient en une douzaine d'exigences. En voici une lecture synthétique — volontairement simplifiée, à confirmer toujours par un professionnel pour votre cas précis.
- La GTL (gaine technique logement). Un emplacement dédié qui regroupe le tableau, l'arrivée et les départs, dans un espace réservé (l'ETEL).
- L'AGCP. Un appareil général de commande et de protection, accessible, qui permet de couper toute l'installation d'un seul geste.
- Les différentiels 30 mA. L'ensemble des circuits doit être protégé par des dispositifs différentiels haute sensibilité, qui protègent les personnes contre les fuites de courant.
- Le nombre de circuits. L'installation se répartit en circuits distincts plutôt qu'en un seul, pour limiter les conséquences d'un défaut et faciliter le repérage.
- La protection par circuit. Chaque circuit dispose de sa propre protection, dimensionnée pour ce qu'il alimente.
- Les sections de câble. La section du fil est dimensionnée selon l'usage du circuit — un point traité en détail dans notre guide consacré à la section de câble.
- Le nombre minimum de prises. Chaque pièce doit comporter un nombre minimal de prises selon sa surface et sa fonction (voir notre guide sur le nombre de prises par pièce).
- Les circuits spécialisés. Les gros appareils (four, lave-linge, plaque…) disposent chacun d'un circuit dédié.
- Les volumes de la salle d'eau. Des règles strictes encadrent ce qu'on peut installer à proximité de la baignoire ou de la douche.
- La liaison équipotentielle. Les éléments métalliques sont reliés entre eux pour éviter les différences de potentiel dangereuses, notamment dans la salle d'eau.
- Le parafoudre. Obligatoire selon la zone géographique et le type d'alimentation, pour protéger l'installation contre les surtensions.
- Le schéma et l'étiquetage. Le tableau doit être repéré clairement et accompagné d'un schéma de l'installation, pour s'y retrouver en cas de besoin.
Cette liste est un repère, pas un cahier des charges complet : seule l'analyse d'un professionnel détermine ce qui s'applique réellement chez vous.
La GTL et le tableau
La GTL — gaine technique logement — est le cœur de l'installation. C'est l'espace réservé (l'ETEL, espace technique électrique du logement) qui regroupe l'arrivée du réseau, le tableau de répartition et le départ des circuits vers les pièces.
La norme impose qu'elle soit accessible, suffisamment dimensionnée et qu'elle réserve de la place pour des ajouts futurs : un tableau saturé dès l'installation n'est pas conforme. C'est aussi là que se trouvent l'AGCP, qui coupe tout d'un geste, et les différentiels 30 mA qui protègent les circuits.
À l'intérieur du tableau, chaque circuit a sa protection. Comprendre la différence entre les deux familles de protection — celle qui protège les fils et celle qui protège les personnes — est utile avant toute intervention : c'est l'objet de notre guide « disjoncteur ou différentiel ? ».
Salle de bains et volumes
Rappel : Les règles de volumes de la salle d'eau visent à éviter l'électrocution là où l'eau et l'électricité se côtoient. En cas de doute sur ce qui est autorisé près de votre douche ou de votre baignoire, ne tentez rien : faites valider par un professionnel.
La salle de bains est la pièce la plus encadrée par la norme, parce que l'eau et l'électricité y cohabitent. La NF C 15-100 y définit des volumes — des zones, mesurées autour de la baignoire ou de la douche — dans lesquels seul un matériel adapté, et parfois rien du tout, peut être installé.
Plus on est proche du point d'eau, plus les règles sont strictes : type de matériel autorisé, indice de protection contre l'eau, protections électriques renforcées. À cela s'ajoute la liaison équipotentielle, qui relie entre eux les éléments métalliques de la pièce pour neutraliser les différences de potentiel.
Ces règles sont précises et évoluent : leur application au cas par cas relève du professionnel, qui saura dire ce qui est possible à tel endroit de votre salle d'eau.
Les évolutions récentes
La NF C 15-100 n'est pas figée : elle est révisée régulièrement par amendements, au fil des retours du terrain et des nouveaux usages. Les évolutions des dernières années ont notamment porté sur la place réservée dans le tableau, la généralisation des différentiels haute sensibilité, l'étiquetage, ou encore l'anticipation des nouveaux besoins comme la recharge de véhicule électrique.
Conséquence concrète : une installation « aux normes » à une date donnée n'est pas automatiquement « aux normes » selon la version en vigueur des années plus tard. Cela ne la rend pas dangereuse pour autant — une installation ancienne conforme à la norme de son époque reste valide en l'état.
L'enjeu n'est donc pas de courir après chaque amendement, mais de savoir, au moment d'un projet, quelle version s'applique aux travaux envisagés. C'est précisément le rôle du professionnel qui réalise le chantier.
Norme ou mise en sécurité ?
C'est la confusion la plus fréquente, et celle qui coûte le plus cher quand on s'y trompe. Respecter toute la NF C 15-100 et mettre une installation en sécurité sont deux choses différentes.
La norme complète, c'est l'exigence du neuf et des parties rénovées : nombre de prises, sections de câble, volumes, étiquetage, tout y passe. La mise en sécurité, elle, vise l'existant : c'est un socle plus restreint, qui cherche à supprimer les dangers réels — absence de terre, absence de protection différentielle, matériel vétuste, présence de matériel dans les volumes interdits de la salle d'eau.
Concrètement, un logement ancien n'a pas besoin de devenir « entièrement aux normes » : il doit d'abord être sûr. Savoir ce qui, chez vous, relève de la mise en sécurité plutôt que de la norme complète demande un diagnostic — c'est tout l'objet de notre service de mise aux normes, présenté ci-dessous.